Perspectives pour l’Amérique Latine en 2017

Notes rédigées après une conférence à la maison de l’Amérique Latine avec :

‐ Cristian  Giraud,  géographe,  spécialiste  de  l’Amérique  Latine  et   des  Caraïbes, professeur à l’IHEL.

­‐ Olivier Dabène, professeur à l’institut politique de science‐po, chercheur au CERI, FNSP, auteur de « l’Amérique Latine contemporaine ».

‐ Sébastien   Velu,   géographe,   spécialiste   de   l’AL,   professeur   à   la Sorbone  et directeur délégué en relations internationales.

L’Amérique Latine fait désormais place à nombre d’incertitudes à la veille de l’investiture de Donald Trump. Quelles seront les relations entre L’AL et les E­‐U ?

Plusieurs pays font face à de grands changements comme Cuba, la Colombie mais aussi le Venezuela, en proie à une situation de violence extrême.

Que   va­‐t‐il   se   passer   pour   Cuba ?   Va‐t­‐on   assister   à   une   remise   en   cause   de   la

« normalisation » débutée vers la fin du mandat de Barack Obama ? En effet, on a assisté à un revirement de situation en 2016, annonçant un dégel progressif entre les deux Etats. Les ambassades cubaines ont été rouvertes à Washington et M. Obama a fait part de sa volonté de lever l’embargo. La Havane et Washington n’avaient pas eu de relations diplomatiques officielles depuis 1961. Jorge Domingez, professeur à Harvard et spécialiste de Cuba a écrit dans un article du NY Times que les deux pays ont des intérêts à coopérer et pourraient s’entendre sur la question de l’immigration et de la drogue.

Le thème du libre échange, proposé depuis 1889 pas les Etats‐Unis à l’Amérique Latine est toujours source de clivage. Au vu de l’échec de l’ALENA, la volonté de démantèlement de l’accord est très forte, notamment par le Mexique qui est le premier à en avoir payer les frais. Le thème migratoire et des travailleurs illégaux aux E­‐U et du racisme dont ils font preuve reste les plus délicat. La Chine est désormais un acteur privilégié du libre échange avec la région.

On assiste à un recul de la régionalisation en Amérique Latine, annonçant un certain affaiblissement sur la scène internationale. Les inquiétudes sont certaines, dans cette

« phase de récession ». Le Brésil, perçut comme leader régional, traverse une crise politique et économique sans précédent. Après la destitution de Dilma Roussef pour

« maquillage des comptes publiques », Michel Temer, également accusé de corruption dans l’affaire Petrobras, occupera la fonction de président jusqu’au 1er janvier 2019.

L’Alliance  du  Pacifique  (Chili,  Colombie,  Pérou,  Mexique)  très  tournée  vers  les  E­‐U  et l’Asie met en péril l’intégration latino­‐américaine.

L’A. du sud, devient de moins en moins protectionniste à l’heure où on le devient de manière croissante en Europe. En AL, on assiste au retour de la droite (Argentine, Brésil) plus   enclins   au   libre   échange.   On   entend   parler   de   la   fin   d’un   cycle   des pays

« progressistes » qui ont comme orientations phares, le refus d’un ajustement perpétuel des sociétés aux exigences du marché, le contrôle de leur ouverture économique etc. Et

comme objectifs, l’inclusion sociale de larges couches de la population et une autonomisation et régionalisation plus poussée. Il s’agit sûrement d’une transformation due à l’essoufflement d’une certaine gauche (c.f Argentine, Bolivie, Brésil, Pérou etc).

Plusieurs avancées sont tout de même mises en lumières comme l’accord de paix (bien que discutable) du président colombien Juan Manuel Santos avec les FARCS. Il est précurseur de plusieurs programmes d’investissements occidental et particulièrement des E‐U.

Le cas du Venezuela est un problème crucial pour l’avenir du pays et de la région. Avec la baisse du prix des matières premières, les pénuries et un niveau de violence tel qu’on parle de guerre civile, le 3e exportateur mondial de pétrole est en proie à un futur incertain. La FED a par ailleurs augmenté le taux d’intérêt de 4% quand au remboursement de la dette du Venezuela. Une sortie de crise, de ce fidèle allié de Cuba apparaît très complexe.

Alors quel type de modèle de croissance ? Quels partenaires commerciaux ? L’AL en général (Cuba, Venezuela, Colombie, Argentine, Brésil etc) a fait le choix d’investir dans le capital humain, la formation depuis une dizaine d’années.

S’agissant du nouveau président des E‐U, son pouvoir reste limité. Aux yeux de la région, il  apparaît  comme  un  échec  de  la  démocratie  nord‐américaine.  Certains  analystes  et politologues de l’IHEL ont même désignées les conditions de votes et de démocratie  dans certains Etats comme la Caroline du nord comparable à celle du Nicaragua (donc pas du tout de démocratique).

Les  enjeux  majeurs  et  récurrents  en  AL  reste  le  narcotrafic.  Avec  les  E‐U  comme premiers consommateurs, l’Amérique Centrale est la plus touchée. Mais aussi la pauvreté qui inquiète toutes les classes moyennes qui ont émergées sous les gouvernements  dit  progressistes.  En  effet,  celles‐ci  se  sont  suffisamment  transformées pour rester exigeantes envers leur gouvernement.

La question majeure reste le financement et la conception de grands projets (politiques, économiques) pour continuer à développer l’AL. La place de l’Europe reste importante (beaucoup d’échanges économiques) même si après la crise de 2008, ses  investissements diminuent.

On peut deviner une monté en puissance de la Chine dans la région, avec une diaspora chinoise en augmentation et plus d’échanges commerciaux.

A la veille de l’investiture de M.Trump, nombres d’incertitudes se font donc sentir dans la région. Les E‐U déjà porteurs d’une image mitigée en AL, risquent de faire augmenter le sentiment anti « gringo » ou « yankee » si de nouveaux accords de libres échanges ou interventionnismes  e­‐u  se  font  sentir  sous  D.Trump.  Cela  pourrait  être  autant  facteur d’unification comme de dispersion dans la région.

Aurélia Bessède – Déléguée continentale Amérique du Sud

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