Reconnaissance du tracé de 1967 ou comment revenir dans les jeu des négociations diplomatiques :

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Va-t-on vers l’établissement d’un Etat palestinien souverain et indépendant dans les frontières du 4 juin 1967 avec Jérusalem comme capitale?

Nous sommes aujourd’hui face à une déclaration historique.  Pour la première fois, le Hamas (mouvement de résistance islamique) reconnait l’établissement d’un Etat palestinien dont les frontières ont été fixées en 1967. En d’autres termes, en près de 30 ans de lutte, le Hamas dit accepter un Etat palestinien limité aux frontières de 1967. Ce revirement allant dans le sens d’un consensus semble à première vue une véritable prouesse historique, car depuis 30 ans le Hamas a tenté d’éradiquer par tous les moyens son ennemi hébreu.

Le Hamas est un mouvement palestinien islamique et national de libération et de résistance contre celui qu’il considère être l’oppresseur israélien.  Le mouvement a été créé en 1987 par trois membres issus des Frères Musulmans.

Son but est la libération totale de la Palestine et l’anéantissement du projet sioniste. Le mouvement islamiste contrôle la bande de Gaza depuis 2006 après avoir remporté les élections législatives palestiniennes.

Il tend à résister à l’occupation peu importe la méthode. Depuis 1993, le Hamas a eu recours à des attentats suicides perpétrés contre des civils et depuis 2005 a entrepris des tirs de roquettes  sur des villes israéliennes.

Les Etats-Unis, Israël et l’Union Européenne considèrent le Hamas comme appartenant à une organisation “terroriste”.  Par ailleurs, contrairement au Fatah, le Hamas n’est pas membre de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) qui représente les palestiniens à l’ONU.

Aujourd’hui, Khaled Mechaal, le chef du Hamas en exil au Qatar a fait savoir publiquement sa volonté de collaborer avec tous ceux qui seraient prêts à les aider dans l’obtention de cet Etat palestinien.

Ce dernier a par ailleurs affirmé que la doctrine du mouvement islamique a changé. Cela entend dans un premier temps la fin de la collaboration avec l’organisation des Frères Musulmans et d’autre part, la fin des appels à la destruction d’Israël bien que la lutte armée est toujours maintenue contre l’Etat hébreu dont ils ont toujours nié l’existence. Le chef du Hamas a par ailleurs insisté sur le fait que le conflit était purement politique et territorial et non religieux.

Cette déclaration constitue une véritable rupture avec la Charte du mouvement de 1988 qui incitait à la destruction totale d’Israël et demandait l’établissement d’un Etat islamique palestinien sur l’ensemble du territoire.  Le document actuel change d’orientation et accepte un Etat avec les frontières de 1967 avec comme capitale Jérusalem. Cela s’apparente donc à un réel consensus et une remise en question totale du mode opératoire jusqu’alors prôné par le Hamas.

Le mouvement islamique tente-t-il de rejoindre l’échiquier diplomatique? Est-il vraiment prêt à rompre avec sa lutte initiale pour parvenir à un consensus national ? Il semble évident que le Hamas semble vouloir améliorer les relations avec le voisin égyptien, les pays du Golfe et l’Occident.

Toutefois, reconnaître les frontières fixées en 1967 est une rupture totale avec l’idéologie prônée jusqu’alors.

Les frontières de 1967 dont il est question, font référence à la guerre des Six Jours. En effet, le 5 juin Israël attaque l’Egypte, pulvérise son armée de l’air et conquiert tout le Sinaï

La bande de Gaza passe quant à elle sous le contrôle des soldats israéliens puis c’est au tour de la ville de Jérusalem. C’est une  victoire totale pour l’Etat hébreu.

En 6 jours, elle a quadruplé son territoire. Une fois que les combats ont cessé, Israël se retire du Sinaï mais occupe toujours militairement la bande de Gaza, Jérusalem Est et la Cisjordanie.

Une rencontre est prévue demain ( 3 mai 2017 ) entre le président palestinien Mahmoud Abbas et Donald Trump. Le processus de paix longtemps gelé semble se remettre en marche selon certains médias. En effet, depuis l’investiture du nouveau président américain, les palestiniens ont fait connaitre leur volonté de voir se créer un parrainage américain pour régler le conflit israélo-arabe.  Israël en revanche ne semble pas convaincu par les dernières déclarations du Hamas. Le Cogat, l’organe du ministère israélien de la Défense en charge des Territoires Occupés voit cela comme une mascarade.

Il faut en effet garder un esprit critique sur ces dernières déclarations car  cela ne signifie pas que le mouvement de résistance islamique renonce à sa lutte contre Israël. D’autre part,  le Hamas ne reconnait pas explicitement l’Etat Hébreu. Il y a peu encore, le Hamas appelait à une destruction totale de l’Etat d’Israël.  Si une volonté de paix se dessine, cela ne peut se faire qu’au travers d’une reconnaissance de l’Etat d’Israël et de l’identité palestinienne, sinon on peut craindre une recrudescence des conflits.. Ne pas reconnaître ouvertement le droit à Israël d’exister ne constitue pour le moment aucun consensus de paix.

Manon Chemel, Déléguée pour le Proche et Moyen-Orient

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